Garanties de parfait achèvement et biennale expliquées

Vous venez de réceptionner votre maison et découvrez un défaut ? Pas de panique : plusieurs garanties légales protègent le maître d’ouvrage après la construction. Et tout commence dès la réception des travaux ! Réserves, délais, garantie de parfait achèvement, garantie biennale : Maisons Clair Logis vous explique comment réagir dès la remise des clés.

Tout commence à la réception des travaux

La réception marque le moment où vous acceptez la construction, avec ou sans réserves. Elle est formalisée dans un procès-verbal et constitue le point de départ des garanties de parfait achèvement, biennale et décennale. L’article 1792-6 du Code civil définit d’ailleurs la réception comme l’acte par lequel le maître d’ouvrage déclare accepter les travaux. 

C’est à ce moment-là que vous devez donc inspecter soigneusement votre maison et inscrire au procès-verbal tous les défauts apparents : fissure, peinture mal réalisée, porte qui ferme mal… C’est essentiel, car un désordre apparent lors de la réception mais non signalé est couvert par une réception sans réserve, et vous ne pourrez plus le reprocher ensuite au constructeur. 

Le saviez-vous ? Dans le cadre d’un CCMI, vous disposez d’une protection supplémentaire si vous réceptionnez votre maison seul sans l’assistance d’un professionnel habilité. Vous pouvez signaler par lettre recommandée tous les vices apparents oubliés dans les huit jours qui suivent la remise des clés. Ce délai ne s’applique pas si vous êtes assisté à la réception par un professionnel répondant aux conditions prévues par les textes. 

Pour en savoir plus sur cette étape, découvrez la réception en CCMI et la retenue de 5 %.

Parfait achèvement et biennale : ce que chacune couvre

La garantie de parfait achèvement oblige l’entrepreneur à réparer pendant un an à compter de la réception tous les désordres signalés dans les réserves du procès-verbal ou révélés ensuite et notifiés par écrit. Peu importe leur nature ou leur importance ! Notez en revanche qu’elle ne couvre pas les effets de l’usure normale.

La garantie biennale, aussi appelée garantie de bon fonctionnement, concerne quant à elle certains équipements de la maison. Pendant au moins deux ans à compter de la réception, elle vous protège en cas de dysfonctionnement des éléments concernés. Elle est prévue par l’article 1792-3 du Code civil.

À savoir : ces garanties sont d’ordre public, une clause du contrat ne peut pas les supprimer ni en limiter la portée ! 

Dissociable ou indissociable : le critère qui décide

Pour bien comprendre la garantie biennale, il faut distinguer les équipements dissociables des éléments indissociables de l’ouvrage. Le Code civil considère comme indissociable un équipement dont la dépose, le démontage ou le remplacement ne peut être effectué sans détériorer ou retirer de la matière à l’ouvrage qui le supporte. C’est par exemple le cas d’un équipement intégré à la maçonnerie ou de canalisations encastrées dans les murs ou les planchers : leur remplacement impliquerait d’intervenir directement sur la construction.

Prenons quelques exemples pour illustrer tout ça :

Équipement

Qualification généralement retenue

 Volets

 Dissociables

 Robinetterie

 Dissociable

 Certains équipements de VMC ou de chauffage

 Dépend de leur installation

 Équipement faisant corps avec le gros œuvre

 Indissociable

 Revêtement de sol

 Dépend de sa nature et de sa mise en œuvre

Retenez surtout la chronologie : 

→ un an pour le parfait achèvement, 

→ au moins deux ans pour le bon fonctionnement, 

→ dix ans pour la responsabilité décennale, selon la nature du dommage et les conditions propres à chaque garantie. 

Ces protections peuvent se chevaucher pendant les premières années.

Envie d’en savoir plus ? Consultez notre guide sur la garantie décennale.

Un désordre apparaît : la marche à suivre

Vous constatez un défaut pendant la première année ? Signalez-le rapidement par écrit à l’entrepreneur, idéalement par lettre recommandée avec accusé de réception, en décrivant précisément le désordre. Pour la garantie de parfait achèvement, le délai nécessaire aux réparations doit être fixé d’un commun accord.

Si l’entrepreneur ne réalise pas les réparations dans le délai fixé, adressez-lui une mise en demeure. Si celle-ci reste sans réponse, sachez que l’article 1792-6 permet de faire exécuter les travaux aux frais et risques de l’entrepreneur défaillant. 

N’engagez donc pas directement une autre entreprise sans avoir préalablement respecté cette procédure ! Et en cas de désaccord persistant, une action devant le tribunal judiciaire peut être envisagée.

À noter : selon la nature et la gravité du dommage, l’assurance dommages-ouvrage peut intervenir. Et si vous revendez votre maison, certaines garanties attachées à l’ouvrage peuvent bénéficier aux propriétaires successifs.

Que couvre la garantie de parfait achèvement ?

Elle couvre pendant un an les désordres signalés lors de la réception ou notifiés par écrit lorsqu’ils apparaissent après celle-ci, à l’exception de l’usure normale.

Quelle est la durée de la garantie biennale ?

La garantie de bon fonctionnement court pendant au moins deux ans à compter de la réception. 

Faire construire en CCMI, c’est aussi être accompagné après la remise des clés. Les équipes Maisons Clair Logis restent à vos côtés pour assurer le suivi de votre maison et vous orienter vers le professionnel qui engage sa responsabilité quand c’est nécessaire.

Source : 

Légifrance

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